mardi 27 novembre 2007

Ou comment un simple claquement de doigts…

Un courant d’air somme toute, accompagné d’un petit son dur et sec. Puis plus rien. Sans doute un reste d’étonnement, une confusion qui s’attarde.

Les choses se font et se défont à la vitesse de la lumière, à Damas. Un jour, tu travailles sur un grand spectacle, celui qui fera l’ouverture d’une grande aventure, et le lendemain tout s’arrête. Un coup de téléphone, quelques sonneries tout au plus, et un verdict fatal, sans raison ni retour. Le spectacle n’aura pas lieu. Les conclusions t’appartiennent. Pas d’argent. Pas besoin, finalement, d’un objet aussi cher pour une cérémonie d’ouverture. Un joli discours suffira, peut-être une petite symphonie locale d’une demi-heure. Tu peux donc dire à tes comédiens qui répètent depuis deux semaines d’aller se changer, tu peux dire au technicien d’éteindre la lumière, au constructeur d’arrêter la machine, au metteur en scène de rentrer chez lui, et au scénographe de trouver un emploi à temps partiel dans un musée de province. Circulez, il n’y a rien à voir.

L’apprentie scénographe se frotte les yeux. De son poste d’observation des événements, elle croit faire un mauvais rêve. Elle se réveillera sans doute bientôt. Elle ne se réveille pas. Ne lui demandez pas ni pourquoi ni comment. Elle qui n’effleure que du doigt, elle qui éponge la vie théâtrale comme on éponge un surplus de gras qui s’est déposé peu à peu, que peut-elle en penser?

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