mardi 27 novembre 2007

… Et variés.

Est-ce temps de faire sonner les premiers bilans ? Ménage de printemps du début de l’hiver, faisons tinter le cristal de mes deux petits pieds en terre arabe. C’est pour cette terre bien particulière que je suis venue, son sable et sa poussière, ses cendres et ses vieilles pierres. Chose peu aisée comme il se doit, je ne me destinai pas pour autant au nomadisme, le tourisme bédouin n’est pas ma tasse de thé. C’est du temps qu’il me faut, je me sédentarise, je prends racine. Passées les découvertes enfantines de l’Orient fantasmé, s’installe le quotidien du réveil-matin. Avoir assez de café pour demain, sa supérette du coin, le meilleur chemin pour s’y rendre. Mes yeux s’habituent à la lumière, je découvre celle, hivernale, des grands froids syriens. Ils piquent.

Quand l’enfant apprend à marcher, il veut courir. Déjà, je cours. D’ascensions vertigineuses en chutes de pression atmosphériques, je ne regarde surtout pas plus bas. Je joue l’équilibriste, un pied à Damas, l’autre dans les nuages.

En fait d’équilibrisme, Damas est sans doute la ville pour les amateurs de voltige. Je n’ai de cesse d’osciller entre grandes découvertes et déceptions amères, entre certitudes et indécisions, entre courses effrénées et calmes plats, entre mes questions et ses réponses, entre ici plus qu’ailleurs ou ailleurs plus qu’ici, pourquoi pas ? Je monte, je descends.

Mettons. Ce vertigineux plongeon dans l’albumine créatrice arabe n’est-il pas un terrain de jeu idéal pour l’apprentie scénographe que je suis ? Je me souviens mon année passée à travers des fantasmes d’un monde rêvé, au-delà de cette Méditerranée – frontière des Mille et Une Nuits et de tous les possibles. Je remplace aujourd’hui mes illusions par des réalités, j’efface les sacro-saintes distances travaillées et retravaillées par mes soins et ma valise culturelle, j’habite. Aujourd’hui alors, je questionne : n’était-ce pas cette distance, ou cette absence de l’ailleurs qui générait ma créativité ? Maintenant, me reste-t-il, en fait de distances, que celle qui me sépare de chez moi pour travailler ? En d’autres mots, est-ce l’ailleurs qui fait sens en moi ?

Une multitude de petits bouts de papiers de questions surpris par un courant d’air se posent sur l’enfant qui grandit.

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